Accompagner efficacement les jeunes détenus pour favoriser leur inclusion

Assises du Mentorat 2022
Accompagner efficacement les jeunes détenus pour favoriser leur inclusion

Objectifs de l’atelier :
Repenser l’accompagnement des jeunes détenus et favoriser l’insertion sociale avec des solutions sur mesures en fonction des besoins. Imaginer un accompagnement individuel et efficace auprès de cette jeunesse, de l’incarcération jusqu’à leur sortie pour lutter contre la récidive.

Intervenants :
Domitie Bourgain | Responsable mécénat et communication – Wake Up Café
Brice Donischal | Secrétaire du Collectif Walden et enseignant en milieu pénitentiaire
Benjamin Guichard | Chef du service des politiques et de l’accompagnement vers l’emploi Ministère de la Justice – Agence du TIG et de l’insertion professionnel
Marie-Pierre Lacabarat | Directrice Générale Lire pour en Sortir
Galatée Underwood | Juriste et Membre du CA au sein de l’association Les Anciens du Génépi

 

Les personnes placées sous main de justice avec des peines courtes ont en moyenne 29 ans. 

Ce sont des personnes éloignées de l’emploi, peu diplômées avec un niveau inférieur au BAC. C’est un public peu formé qui a très peu d’expérience professionnelle. Ce sont des personnes qui, en plus de ces difficultés, vont cumuler des ruptures familiales et des handicaps. Le manque de moyen fait que c’est parfois au moment de la détention où elles vont, pour la première fois, avoir accès à des soins. 

 

Les établissements pénitentiaires accueillent la diversité de la société.

Les particularités des personnes incarcérées demandent d’être prises en charge de manière spécifiques et individuelles. Il y a une grande similitude avec les publics et les profils que les associations prennent en charge par ailleurs.

 

Il faut assurer une continuité des dispositifs existants et améliorer l’accompagnement des personnes au sein des prisons.

Dans le monde carcéral, l’habitude est de créer des dispositifs spécifiques pour les personnes détenues. Mais il faut prévoir un continuum de l’accompagnement pour amener vers l’intérieur des prisons, ce qui existe déjà à l’extérieur et ce qu’il y a de plus efficace.

 

Il faut diversifier l’offre et les activités au sein des prisons en créant des partenariats avec des structures d’insertion professionnelle.

Les personnes détenues ont du mal à accéder aux dispositifs d’insertion professionnelle. Pour répondre aux besoins et envies de chacun, il est essentiel de diversifier l’offre et d’apporter des apprentissages multiples et de les lier à la réalité. Pour ce faire, il est fondamental de travailler en partenariat avec Pôle Emploi, les missions locales et tout le tissu associatif. 

 

30% des personnes qui entrent en détention échouent le test de lecture que leur fait passer l’éducation nationale.

Avec des taux d’échecs majorés sur certains territoires comme le Nord et l’outre-mer, la question de la maîtrise des savoirs de base est essentielle pour accompagner les personnes à bâtir leurs chemins. Les jeunes sont déscolarisés avant de rentrer en détention et malgré une scolarisation obligatoire jusqu’à 18 ans en prison, l’apprentissage de l’écrit et de la lecture sont des facteurs discriminants aussi à l’intérieur des prisons

 

La lecture et l’écriture sont des leviers indispensables pour que les conditions de détention soient moins difficiles.

L’objectif est d’apporter de l’autonomie au sein des détenus et partager le processus de transformation que peut offrir un livre. C’est aussi un moyen de lutter contre l’isolement puisqu’1 personne sur 2 n’a jamais de visite en prison. L’objet “livre”, quand il est partagé, peut être au cœur d’une relation qui s’enrichit et grandit. Le binôme vit ensemble le processus de transformation. 

 

La rupture avec les dispositifs d’aides se crée au moment de la libération.

Il faut consolider un réseau entre tous les dispositifs existants et fédérer les actions. Afin que lorsque la personne sort de prison, elle puisse se raccrocher aux dispositifs de droits communs et être guidée dans son parcours. 

 

Le mentorat permet de réconcilier les différentes parties de la société. 

Les conditions d’organisation des actions à destination des publics détenus vont avoir un impact direct sur la diversité des profils des bénévoles qui s’engagent. Même si parfois il y a des difficultés qui peuvent se rajouter comme les horaires ou le déplacement pour les visites, le mentorat permet de renouer le lien social, développer la citoyenneté et créer des relations de confiance entre deux mondes. Des facteurs qui favorisent les chances de réinsertion. 

 

Une fois sortie de prison, on ne sait plus être libre.

Les premiers mois après la sortie sont les plus durs et concentrent le plus haut risque de récidives. La détention déshumanise la personne et il est compliqué de redevenir libre. Le temps libre est difficile à gérer. Il est essentiel d’accompagner ces personnes dans cette période floue dans la reconstruction de soi. C’est là tout le rôle d’accompagnement que font les associations. 

 

La communauté d’entraide est indispensable pour réussir l’insertion sociale.

L’identification des compétences, la gestion de la colère ou la rupture avec le monde d’avant sont certains des enjeux auxquels il faut répondre pour favoriser l’insertion. Certaines personnes doivent se détacher de leur proche pour réussir à avancer, changer de vie. Pour accompagner cette transformation, il est fondamental de s’entourer de personnes qui ont vécu l’expérience et peuvent les encourager. 

 

L’enseignement que l’on peut apporter en prison doit se poursuivre à l’extérieur.

Il y a autant de types de détenus qu’il y a d’individus et pour répondre aux différents besoins, il faut intégrer la notion de coéducation à l’intérieur et à l’extérieur des prisons. La solution est d’aller vers l’individualisation pour tirer les personnes vers le haut, et favoriser le développement personnel. Pour obtenir ce résultat, il faut travailler en réseau et continuer de développer des programmes d’accompagnement à destination de ce public.