Favoriser l’insertion professionnelle des publics nouvellement arrivés

Assises du Mentorat 2022
Favoriser l’insertion professionnelle des publics nouvellement arrivés

Objectifs de l’atelier :

  • Identifier les difficultés et freins que vivent les publics nouvellement arrivés lorsqu’ils sont dans une démarche de recherche d’emploi. Avec l’expertise des associations et des pouvoirs publics, et l’œil avisé d’un bénéficiaire du mentorat
  • Identifier des solutions, des dispositifs adaptés pour lutter contre l’isolement de ces hommes et de ces femmes et favoriser leur insertion en y impliquant les entreprises
  • Montrer que le mentorat est un outil très efficace d’inclusion et d’ouverture interculturelle

Intervenants :

Ophélia Duval | Responsable territoriale Fondation Vinci
Mathilde Patoureaux | Responsable territoriale IDF et responsable pédagogique – Kodiko
Alain Régnier | Préfet, Délégué interministériel chargé de l’accueil et de l’intégration des réfugiés

 

L’accueil des personnes migrantes est un enjeu majeur de notre siècle.

Fin 2021 en France, se sont près de 500 000 personnes qui ont une protection internationale, c’est le double par rapport à 2013 ce qui est la conséquence directe des problèmes géopolitiques, des conflits armés et du dérèglement climatique. Dans les deux prochaines années, nous allons accueillir  50 000 à 60 000 personnes de plus par an sur le territoire français. La question de l’accueil et de l’intégration de ces personnes est un enjeu majeur pour notre société.

 

“Les migrants” ce n’est pas un collectif, ce sont des individus singuliers avec des profils très variés qui nécessitent d’être accueillis et pris en compte. 

Ce sont des personnes qui quittent une vie antérieure, un métier, un statut, des habitudes, un environnement social, qui ont des rêves et des aspirations qui leur sont propres. Une fois dans la société d’accueil, la personne migrante a une forte probabilité d’être déclassée. Ce déracinement et ce changement doivent s’accompagner impérativement d’un lien avec la société d’accueil. 

 

Les personnes réfugiées cumulent les difficultés ce qui fragilisent leurs intégrations. 

La reconnaissance des diplômes, des expériences et des compétences à l’étranger sont souvent très peu reconnues en France. La personne ne peut plus mener sa vie d’avant.  À cette nécessité de partir de 0, vient s’ajouter des problèmes propres à la société d’accueil, méconnus de la personne, qui n’a pas les codes pour les décrypter : comment obtenir un logement ? Avoir accès aux aides sociales ? Se déplacer ? Comprendre les codes culturels ? À cette difficulté peuvent s’ajouter des problématiques psychiques ou des traumatismes.  

 

Il faut des partenariats forts et un accompagnement global pour intégrer les personnes réfugiées. 

En 2022, un nouveau programme porté par le ministère de l’Intérieur va permettre un accompagnement global des réfugiés. Il va concerner 27 départements et 70 millions d’euros par an pendant 4 ans. Mais ce programme ne réussira pas si les personnes réfugiées ne sont pas mises en relation avec d’autres résidents sur le territoire français. 

 

La langue française est un des enjeux majeurs sur lequel doit porter l’accompagnement. 

Sans la langue, la personne ne pourra jamais se connecter avec la société d’accueil. Il est indispensable de centrer l’accompagnement sur l’apprentissage et la maîtrise de la langue française. La barrière de la langue est le premier frein à l’insertion professionnelle des personnes réfugiées

 

Il faut lutter contre la fracture numérique que subissent les personnes réfugiées.

Le premier confinement a accentué la fracture numérique pour les publics en fragilité et en difficulté car il se sont retrouvés sans points publics d’accès à internet. Il y a eu une vraie rupture et un profond isolement durant cette période. L’accompagnement doit permettre de redonner accès à l’information en mettant en place des points d’accès à internet et former les personnes aux usages du numérique. La Diair a mis en place depuis le mois de novembre une application Réfugiés.info pour permettre aux personnes de pouvoir avoir accès à diverses informations (emploi, logement, aides, soins) qui sont traduites en plusieurs langues. 

 

Le mentorat permet de changer le regard sur les personnes réfugiées et de favoriser leur accès à l’emploi. 

Pour le bénévole qui s’engage ou pour l’entreprise qui mobilise ses collaborateurs, les actions de mentorat permettent un changement de regard envers les personnes réfugiées. La prise de contact permet de casser des stéréotypes et limiter les freins pour des futures embauches. Le mentor va pouvoir se porter garant aux yeux de l’entreprise pour cette nouvelle personne et veiller à son intégration. 

 

Avec le mentorat, on met l’individu au cœur de l’action.

Les personnes mentorées se sentent accueillies. Le mentorat aide à prendre confiance en soi et à nouer des liens forts avec les mentors. Sur certaines problématiques le mentor doit pouvoir prendre de la distance malgré son implication. Les associations doivent prendre le relais pour résoudre les situations les plus complexes. Dans tous les cas, c’est le partage des belles histoires et des réussites qui va déclencher l’engagement chez les autres. 

 

Il faut continuer à travailler ensemble pour apporter une réponse partout dans le territoire.

La grande diversité d’associations qui proposent du mentorat ne peut qu’enrichir l’offre d’accompagnement des personnes réfugiées et renforcer les projets à initiative publique. Il y a un enjeu fort dans les milieux ruraux et les territoires d’outre-mer où le mentorat à distance peut aussi être une réponse très adaptée.