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Entretien avec Inès Boivin, responsable territoriale de l’Isère pour l’Entraide Scolaire Amicale

Publié le 24 avril 2026

Derrière chaque binôme mentor-mentoré, une multitude de métiers œuvrent pour faire du mentorat une réussite et en garantir sa qualité. À travers Derrière chaque binôme mentor-mentoré, une multitude de métiers œuvrent pour faire du mentorat une réussite et en garantir sa qualité. À travers plusieurs entretiens réalisés auprès de professionnels engagés dans nos organisations membres, nous mettons en lumière celles et ceux qui rendent le mentorat possible. Nous poursuivons notre série de portraits avec Inès Boivin, responsable territoriale de l’Isère pour l’Entraide Scolaire Amicale, qui a accepté de répondre à nos questions ! Retrouvez les portraits précédents ici.

Peux-tu te présenter ? 

Bonjour, je m’appelle Inès Boivin, je suis responsable territoriale de l’Isère pour l’Entraide Scolaire Amicale depuis deux ans. L’association, créée en 1969, accompagne des enfants scolarisés du CP à la Terminale, avec des difficultés scolaires et issus de familles défavorisées, vers la réussite et l’autonomie.

Nos mentors bénévoles, épaulés par des responsables d’antenne bénévoles, se déplacent une fois par semaine à domicile pour réaliser nos trois missions phares : l’accompagnement à la scolarité, l’ouverture au monde grâce à des sorties, et l’accompagnement à la parentalité.

Je réalise aussi une veille pour notre plaidoyer. Ce travail nous permet de publier des études comme celle sur la confiance en soi des jeunes avec Vers Le Haut ou encore de présenter la thèse d’Agathe Gabillaud, doctorante en psycho-social qui a étudié l’impact du mentorat sur l’autocensure des jeunes.

Pourquoi avoir choisi ce métier ? Quel est ton parcours ? 

J’ai un parcours un peu atypique, j’ai fait des études en sciences sociales à l’étranger et à mon retour en France je suis passée par différentes fonctions dans différentes associations avant d’intégrer l’Entraide Scolaire Amicale. Ce qui me plaît, c’est épauler les bénévoles dans leurs missions. Je leur permets de mettre en œuvre des projets qui leur sont chers pour accompagner au mieux les enfants qu’ils aident. La typologie particulière du territoire de l’Isère est aussi challengeante à différents niveaux, ce qui permet de faire émerger de nouvelles idées et problématiques pour l’association. 

Accompagner ces enfants aussi régulièrement, chez eux d’autant plus, et sur une si longue durée est ce qui m’a motivée à rejoindre cette organisation. C’est en étant au cœur des familles qu’on se rend réellement compte des difficultés sociales qu’elles rencontrent, et cela explique beaucoup de choses concernant les difficultés des enfants.

De plus, j’ai moi-même été mentore quand j’étais lycéenne et étudiante, ce qui m’avait à l’époque motivée à passer le diplôme d’enseignement du Français Langue Etrangère (FLE). Dans mon métier, ces expériences et connaissances m’aident au quotidien pour orienter les bénévoles.

Quels sont les principaux défis que tu rencontres ? 

Malheureusement, le principal défi que je rencontre sur mon territoire est le manque de bénévoles. En effet, beaucoup d’enfants restent en liste d’attente malgré des difficultés avérées. Nous avons des bénévoles très investis et loyaux, mais pas assez pour répondre à la demande.

Le deuxième défi est celui de la mobilité. En Nord Isère principalement, les connexions en transports en commun se font très mal et l’usage de la voiture est obligatoire. Certaines familles souffrent d’isolement, c’est pourquoi notre offre à domicile est reconnue comme bénéfique et la mieux adaptée. De plus, pour certaines familles, il est parfois difficile de participer à nos sorties et nous nous efforçons à proposer des activités de proximité.

As-tu une ressource / recommandation à partager ? 

Récemment, je suis tombée sur un ouvrage classique de la philosophie de l’éducation, Le Maître ignorant de Jacques Rancière, que je conseille aux mentors car il remet en question les relations traditionnelles maître-élève en promouvant l’autonomie de l’apprenant. Pour moi, ce texte peut enrichir une réflexion sur le mentorat comme relation d’émancipation.

En effet, la thèse centrale selon laquelle tous les humains sont également intelligents mais que l’accès aux savoirs dépend de conditions sociales et pédagogiques, explique parfaitement le public que nous accompagnons. De plus, dans l’optique de ne pas refaire l’école à la maison, je trouve que l’idée qu’un maître, ou mentor, est quelqu’un qui éveille la capacité d’apprendre chez l’autre est centrale ; l’enfant peut découvrir lui-même ce qu’il ne connaît pas encore. De plus, lors de mes études, nous avions étudié Teach to Work: How a Mentor, a Mentee, and a Project Can Close the Skills Gap in America de Patty Alper.

Cet ouvrage pratique montre comment le mentorat et l’apprentissage par projet peuvent aider les jeunes souvent délaissés par le système éducatif traditionnel à acquérir des compétences utiles pour l’emploi. Son argument sur le « project based mentoring » me ramène à nos Actions d’Ouverture au Monde où nous pensons ensemble des sorties collectives à la fois ludiques et pédagogiques, pour faire apprendre autrement. Ainsi qu’aux discussions que nos mentors peuvent avoir autour de l’orientation, où les différents profils des mentors sont très précieux.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton travail ? 

Ce qui me plaît le plus dans mon travail c’est la proximité avec les bénévoles et les familles. C’est de voir des changements concrets même si ce n’est qu’un sourire ou une lueur d’espoir, dans les yeux des familles, et des mentors engagés. Aider ceux qui aident et tenter d’avoir un impact est précieux.

Un mot pour définir ton métier ? 

Défendre. 

Défendre le droit des enfants à l’égalité des chances et à l’éducation. Défendre des projets pour faire avancer l’Entraide Scolaire Amicale. Défendre le public que l’on accompagne face aux politiques locales pour les accompagner au mieux.

As-tu un souvenir à nous partager et/ou une anecdote à nous raconter en rapport avec ton métier ? 

Ma première rencontre avec l’équipe des responsables d’antenne bénévoles de notre antenne dans le Nord Isère. J’ai été bluffée par l’engagement de ces personnes, majoritairement retraitées, qui œuvrent au quotidien, depuis plus de 20 ans pour certains, pour l’association et les enfants qu’ils accompagnent au quotidien. J’ai trouvé ça beau de voir des personnes aussi engagées pour aider des personnes qu’ils ne connaissent même pas, pour faire avancer les choses tout simplement, et s’accrocher même si les progrès ne sont pas forcément visibles rapidement.

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